Le corps et l’esprit

Rencontre avec l’apnéiste italienne Ilaria Bonin. La jeune femme, originaire de Busto Arsizio, sera présente à Mulhouse pour le championnat du monde de la discipline, du 25 au 31 juillet. Elle a établi un record mondial en octobre dernier à Tenerife… avec 244, 38 mètres parcourus en apnée dynamique !

Comment avez-vous commencé l’apnée ?

 

J’ai été très jeune mise à l’eau ! Quand j’étais toute petite, mon père m’emmenait déjà dans la mer. Avec un masque et des palmes, j’ai commencé à découvrir le monde sous-marin. J’ai ensuite appris à faire de l’apnée à l’âge de 9 ans car je jouais au waterpolo. J’étais dans la même équipe que Stefania Pelizzari, la soeur du champion d’apnée italien Umberto Pelizzari. Il arrivait parfois qu’il s’entraîne dans le même bassin que nous et je me souviens de la peur que j’avais en voyant passer cette longue forme noire avec ses palmes en forme de nageoires !viagra medicine

Quand j’ai arrêté le waterpolo, j’ai voulu explorer une autre manière de ressentir l’eau, sans la force physique de l’effort mais avec les émotions. J’ai donc suivi un cours d’apnée et j’ai essayé de combattre ma peur des profondeurs… En effet, j’étais terrifiée et incapable de plonger d’un bateau sans voir le fond de la mer ou sans être équipée d’un masque.

 

Quelles sont les qualités requises pour ce sport ?

 

Il faut d’abord aimer l’eau ! La qualité la plus importante est sa propre capacité à sentir l’élément, à s’y sentir bien et à y rester. Etre capable de se mouvoir avec aisance. Je pense qu’il faut aussi être capable de rassembler tous les sentiments positifs que l’on peut avoir dans sa vie personnelle et les emmener sous l’eau. Si vous arrivez à faire ceci vous pouvez plonger.

 

Où faites-vous de l’apnée actuellement ?

 

Je suis licenciée au NPS Varedo, un club dirigé par Valter Mazzei, un ancien entraîneur national de nage avec palmes. C’est aussi le club du meilleur nageur avec palmes du monde : Stefano Figini ! Nous avons aussi une section d’apnée. Nous avons des entraînements communs et je pense que c’est une bonne chose car cela permet d’échanger différentes techniques.

 

Pratiquez-vous d’autres sports ?

 

J’ai fait du crossfit (ndlr : conditionnement physique et entraînement musculaire) et de la natation. Après plusieurs années de piscine et d’entraînement physique en salle de gym, je ne pouvais plus m’entraîner autrement. J’ai découvert le crossfit il y a trois ans et je pense que c’est un bon complément pour travailler à la fois la musculature, l’esprit et le souffle.

 

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans l’apnée ?

 

Le contact avec l’eau, son effet sur ma peau. J’aime progresser dans cette discipline, étudier et travailler dur pour atteindre mes objectifs et vaincre mes limites et mes peurs. J’aime l’apnée au sens large et la place qu’a pris ce sport dans ma vie.

 

Qu’attendez-vous du championnat du monde à Mulhouse ?

 

J’espère surtout prendre du plaisir ! J’espère vivre l’événement dans la bonne humeur avec les autres athlètes et en soutenant mes coéquipiers. Je vis la compétition comme un moment de joie. J’ai travaillé dur les derniers mois et maintenant il faut profiter de l’événement.

 

 

Ne pas commencer trop tôt

 

 

Pouvez-vous nous décrire un entraînement type ?

 

Cette année j’ai eu besoin de changer mon programme sportif car j’ai changé d’emploi. Mais une semaine type d’entraînement démarre par une première session de crossfit, à 16h30, après mon travail. J’enchaîne ensuite les trois jours suivants avec la piscine et les trois derniers de la semaine, je travaille plutôt le souffle et j’effectue des exercices mentaux à la maison. Ces quatre dernières années ont vu une évolution dans mon programme sportif. J’avais moins de temps à consacrer à l’entraînement donc j’essaye désormais de m’organiser différemment. Il vaut mieux quelques séances de qualité que de nombreuses et mauvaises séances. J’essaye donc de donner le meilleur avec le temps dont je dispose.

 

Etes-vous considérée comme une athlète de haut niveau en Italie ?

 

Oui je le suis mais je partage ce statut avec d’autres filles de l’équipe. Nous sommes toutes fortes dans différentes disciplines et possédons chacune nos qualités. L’Italie peut ainsi montrer le savoir-faire de différentes athlètes.

 

Arrivez-vous à vivre de votre sport ?

 

Malheureusement non. J’ai tenté de devenir apnéiste professionnelle mais je n’ai pas réussi. Néanmoins je suis très chanceuse. J’aime mon travail (ndlr : Ilaria travaille avec des enfants, des bébés ou des personnes handicapées en tant qu’éducatrice et donne également des cours en piscine) et même si parfois c’est difficile, c’est une bonne source d’énergie dont j’ai besoin pour mon sport.

 

Qu’avez-vous envie de dire aux jeunes filles qui souhaiteraient faire de l’apnée ?

 

Je leur dirais que l’apnée est un sport merveilleux mais qu’il ne faut pas commencer trop tôt. Il faut d’abord bien se connaître soi-même. Je conseillerais aux plus jeunes de faire une autre activité pour commencer, en milieu aquatique si possible, et de faire de l’apnée de temps à autre pour le plaisir. Dans la mer ou dans une piscine, commencer doucement et faire de l’apnée au fur et à mesure. La clé du succès est de s’entraîner selon ses propres besoins. Cela signifie que parfois l’entraînement va plutôt être remplacé par une séance de cinéma ou une sortie entre amis ! 

Un palmarès unique

Ilaria Bonin a rejoint l’équipe d’Italie d’apnée en juillet 2011. Elle a ainsi participé au championnat du monde la même année et au championnat d’Europe en 2012. Elle est la seule athlète à avoir remporté 4 titres, mondiaux et européens, en deux années consécutives. L’Italienne pratique l’apnée dynamique, avec et sans palmes, ainsi que l’apnée statique.

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