Une préférence pour les « outsiders »

Emmanuelle Serdet, 31 ans, est installée à Vancouver depuis plus de sept ans. La jeune femme pratique le football depuis l’âge de 6 ans et a vu tous les matchs de la Coupe du monde à Vancouver. Rencontre à quelques minutes de la finale entre les Etats-Unis et le Japon.

Le ballon est l’a eu entre les pieds à l’âge de 6 ans. « J’ai débuté avec les garçons car les équipes de filles à cet âge n’existaient pas ». Un parcours similaire pour de nombreuses jeunes femmes ayant démarré le foot il y encore quelques décennies. Emmanuelle a pu intégrer une équipe féminine vers l’âge de 14 ans. « J’ai joué dans le Doubs, à Orchamps-Vennes jusqu’à l’âge de 24 ans. Nous étions en championnat régional. De fait j’ai joué à tous les postes, de la gardienne de but à l’attaquante », sourit-elle. La Franc-Comtoise apprécie également le foot masculin. Elle reste fan de l’Olympique de Marseille. « Toute une époque avec notamment Basile Boli, qui m’a fait rêver »

 

« Tout le monde fait du foot ici »

 

Etablie à Vancouver depuis plusieurs années, Emmanuelle a souhaité continuer à jouer au football. Elle a cherché une équipe dès son arrivée et s’est retrouvée dans la « Metro Women’s Soccer League » de la ville. « J’ai vu par la suite que c’était en fait un niveau en-dessous de ce que je pratiquais en France. C’était plus pour le fun ! ». Emmanuelle l’a constaté, le football est joué par tout le monde, hommes, femmes, enfants. Pas de distinction et d’a priori selon elle. « Des filles de toutes sortes, maquillées et très féminines à l’inverse des clichés qui subsistent ailleurs. Ce n’est pas important d’être un homme ou une femme. Les mentalités sont différentes ici par rapport à ce que j’ai connu en France ». Emmanuelle a ensuite intégré une ligue « gay », représentative des communautés en présence. « Une manière d’être bien accueillie et de se sentir à son aise », précise la jeune femme. Le sport, dans son ensemble, est présent dans tout Vancouver. Grâce notamment aux « community centers », ces maisons de quartiers abritant des salles de sport. « Vous pouvez ainsi pratiquer des activités chaque semaine, à la carte et pour une somme modique ».

 

Tous les matchs à Vancouver

 

Emmanuelle et sa fiancée Sevie, ont acheté des « passeports » pour voir tous les matchs de la Coupe du monde à Vancouver. « Nous avons payé 250 dollars canadiens par personne pour voir tous les matchs et avoir accès en priorité à l’achat des billets pour la finale ». Un investissement que ne regrette pas Emmanuelle. « C’était une occasion unique de voir des matchs de ce niveau-là. Quand nous avons appris que la compétition se passerait au Canada nous avons tout de suite acheté nos places ». A quelques minutes de la finale entre les Etats-Unis et le Japon, Emmanuelle affiche sa préférence. « Je soutiens le Japon car c’est un outsider. Les Américains, dans leur ensemble, sont trop sûrs de gagner et sont trop exubérants à mon goût. Je préfère aussi le jeu japonais car il n’y a pas vraiment de stars. Le jeu est très collectif ».

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