Un grand du football

Arsène Wenger, l’actuel manager du club d’Arsenal, était en déplacement à Mulhouse mercredi soir. Cet ancien étudiant de l’université de Haute-Alsace s’est joint à la célébration des 40 ans de cette dernière. Un grand moment de discussion entre souvenirs et analyses percutantes.


(Photos : Patrick Schwertz)

Le campus mulhousien a frappé un grand coup pour le 40ème anniversaire de l’université de Haute-Alsace. Une table-ronde réunissant trois anciens étudiants-footballeurs d’origine alsacienne. Arsène Wenger, Marc Keller et Léonard Specht ont ravivé des souvenirs chez les passionnés de football. Tous anciens joueurs, ils ont parlé tour à tour de leurs carrières sportives de haut niveau et de leurs reconversions professionnelles. Trois hommes aux parcours à la fois similaires et complémentaires. Attendu par tous les étudiants présents, les professeurs et le grand public, Arsène Wenger a suscité un accueil des plus chaleureux. De retour dans sa région, le plus Alsacien des Anglais fait toujours l’unanimité. Son analyse du sport est source d’enseignements.

 

Réussite à l’anglaise

 

Arsène Wenger c’est d’abord un esprit critique et d’analyse hors du commun. L’entraîneur a posé ses valises à Arsenal il y a maintenant 19 ans. « Les dirigeants sont venus me chercher alors que j’étais entraîneur à Nagoya au Japon », se souvient Arsène Wenger. Un recrutement qui avait alors étonné l’Angleterre. L’homme est devenu entraîneur à l’âge de 33 ans et se souvient de ses premières expériences. « Quand j’allais aux toilettes à la mi-temps, je me disais que je n’allais pas durer dans ce métier. Je me disais aussi que la pression allait m’achever », a raconté le manager d’Arsenal à des étudiants très attentifs. La gestion du club d’Arsenal est aujourd’hui une affaire de professionnels, Arsène Wenger représentant le chef d’orchestre d’une entreprise très rentable. « Notre stade compte 60 000 places. Nous n’avons que 38 000 abonnements, et 42 000 sont sur liste d’attente. A chaque match, la moyenne de fréquentation est de 60 000 personnes ».

 

La ténacité en qualité

 

Pour Arsène Wenger la qualité d’un joueur se base avant tout sur sa ténacité. « Il y a des joueurs plus doués que d’autres mais ceux que l’on respecte le plus, ce sont les gens qui font un maximum avec ce qu’ils ont. On fait sa vie sans avoir toutes les qualités, mais en utilisant plutôt une qualité dominante ». Le manager a aussi expliqué qu’il y a trois sortes de joueurs dans les vestiaires. Celui qui veut être reconnu car il se sent le meilleur, celui qui souhaite être reconnu par les autres pour sa qualité et ceux qui veulent être utiles à l’équipe. « Il y a une différence entre l’amour de la victoire et la haine de la défaite. Quand nous recrutons de jeunes joueurs, ce qui nous intéresse c’est aussi l’endurance dans la motivation, c’est la ténacité que nous testons ». Fin analyste du comportement humain, Arsène Wenger a aussi livré sa recette de la réussite. « Ce qui fait un grand exploit dans une vie c’est d’abord un rêve. Il faut ensuite se demander comment le réaliser, éliminer toutes les pensées négatives pour y arriver et c’est là qu’intervient la ténacité. Il s’agit enfin d’y mettre son engagement total ».

Marc Keller, Arsène Wenger et Léonard Specht en conférence de presse sur le campus de Mulhouse

Marc Keller, Arsène Wenger et Léonard Specht en conférence de presse sur le campus de Mulhouse

L'importance des études

Anciens étudiants, Arsène Wenger, Marc Keller et Léonard Specht ont rappelé l’intérêt de poursuivre une scolarité tout en pratiquant un sport de haut niveau. « Je me bats avec les familles pour que les jeunes footballeurs de moins de vingt ans poursuivent leurs études. Personne ne peut prédire l’avenir et le pourcentage d’échec en centre de formation atteint les 98% », a expliqué Arsène Wenger. Pour sa part Léonard Specht, actuel directeur des ressources humaines dans une industrie de systèmes de transports, a fait le lien entre l’université et sa carrière sportive. « Le foot ça a toujours été ma vie. L’université m’a pourtant aidé à structurer tout cela. J’ai fait des études de droit à Strasbourg. Ma carrière sportive m’a servie dans ma reconversion professionnelle ». Marc Keller, actuel président du Racing Club de Strasbourg, poursuit dans cette voie. « Le fait d’avoir fait des études aide à gérer un club. C’est une manière d’avoir le respect des milieux non sportifs. J’ai gagné des négociations au physique et le fait d’avoir été sportif de haut niveau ça change la donne ».

 

Arsenal compte aussi des "Ladies"

Le club de football londonien compte une équipe féminine dans ses effectifs. Elle pointe actuellement à la troisième place du classement du championnat anglais (Women’s Super League) derrière Manchester City et Chelsea. Parmi les joueuses présentes à Londres, l’emblématique gardienne Siobhan Chamberlain également membre de l’équipe d’Angleterre qui a disputé le dernier Mondial au Canada. Les Lionnes ont rapporté la médaille de bronze après avoir battu l’Allemagne.

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