La pro des courts vitrés

Actuelle numéro 3 mondiale, la Française Camille Serme poursuit son rêve de devenir numéro 1 après avoir remporté cette année le British Open et plus récemment le championnat d’Europe par équipe en Pologne (photo ci-dessus) avec son club de Créteil. Sportive passionnée, Camille Serme se livre sur sa vie au quotidien.

Quelle est la personne qui vous a le plus soutenue dans votre accession au sport de haut niveau ?

 

C’est une question difficile, il n’y en a pas qu’une, mais plusieurs. Mon entraîneur, Philippe Signoret, a toujours cru en moi et mes capacités. Bien sûr il a su être dur quand il le fallait, mais il m’a toujours soutenue. Mes parents l’ont fait également, depuis mes débuts dans le squash, ils ont très vite trouvé leur place pour ne pas mettre trop de pression mais montrer quand même leur soutien. Et depuis 5 ans, mon compagnon, Quentin, me soutient au jour le jour et croit véritablement en moi. Il connaît mon rêve et compte me soutenir pour y arriver.

Camille en 1999 lors de son titre de championne de France poussine

Camille en 1999  lors de son titre de championne de France poussine

Camille Serme en quelques dates

Née le 4 avril 1989
Elle a commencé le squash à l’âge de 7 ans en intégrant le club US Créteil
Triple Championne d’Europe Junior 2006 à 2008
Septuple Championne de France senior 2010 à 2015
Quadruple Championne d’Europe Senior 2012 à 2015

 

Camille Serme est une joueuse professionnelle de squash, la meilleure en France et détient, à 26 ans, le plus gros palmarès de tous les temps au niveau national dans son sport.

 

Comment organisez-vous votre vie personnelle autour d’un sport qui vous fait tant voyager ?

 

Mon compagnon est aussi sportif de haut niveau, en kayak lui, mais du coup nous sommes tous les deux souvent en déplacements. Il nous arrive de ne pas nous voir pendant plusieurs semaines. Mais cela nous fait apprécier encore plus les moments que nous pouvons passer ensemble, ou avec nos deux familles respectives. Le sport prend beaucoup de place dans notre vie personnelle donc nous nous organisons autour de cela.

 

Comment préparez-vous une journée de compétition ? (astuces pour un bon réveil, petit déj de championne par exemple)

 

En général, en compétition, je fais un « practice » (entraînement qui sert de réveil musculaire et de réglage technique) en fin de matinée, donc je prends un petit déjeuner 2h avant. Ensuite je déjeune 3 à 4 heures avant le match. J’aime faire une sieste et me reposer dans la chambre de l’hôtel avant d’aller au club 1h30 avant mon match. Je vais me mettre en tenue 45min avant et je commence mon échauffement 30min avant l’heure de la rencontre. Si je gagne, je fais une récup active, puis des étirements, un retour au calme. Le soir un bon dîner pour reprendre des forces (souvent avec des féculents et une viande) et après une bonne nuit de sommeil.

 

Et une journée de repos comprend-t-elle forcément un minimum de sport ?

 

Cela dépend : si c’est en compétition, oui, il y a forcément un entraînement de 45min environ pour faire des réglages techniques, tactiques ou physiques. En revanche, si la journée de repos se trouve durant le week-end, après une longue et difficile semaine d’entraînement, là non, pas de sport, que du repos chez soi.

 

Quel constat faites-vous sur le sport féminin aujourd’hui et sa médiatisation ?

 

Dans le squash, je constate que le niveau féminin a énormément augmenté ces dernières années. Tous les matchs sont difficiles et accrochés, dès les premiers tours. Or nous n’arrivons toujours pas à être plus médiatisées, nous restons souvent moins mises en avant que les hommes, et c’est très frustrant. Je pense toujours à cela quand je fais un bon résultat : au fait de mettre en avant mon sport, les femmes et d’en faire parler dans les médias. Mais cela reste difficile en France car il y a trop de sports « phares » tel que le foot, le tennis et le rugby. Les « petits » sports souffrent de ce manque de médiatisation, de sponsors et de partenaires.

 

Etes-vous reconnue par les passants dans la rue ?

 

Non pas du tout, en partie pour les raisons que je vous ai détaillées au-dessus. Cela m’est arrivée une seule fois d’être reconnue par une serveuse, dans un bar à Paris : elle m’a dit « Mais vous êtes Camille Serme non ? » et je suis restée bouche bée, je n’en revenais pas ! C’était une joueuse de squash loisir, passionnée par la discipline, et qui suivait donc les résultats des premiers français, hommes et femmes. C’était un moment très sympa.

 

Avez-vous déjà eu envie de pratiquer un autre sport ?

 

J’ai pratiqué du mini tennis de 4 à 7 ans, un peu de danse aussi, mais le squash a été et reste aujourd’hui, le sport que je préfère. L’été, quand il fait beau et chaud, j’aime faire un tour de kayak avec mon compagnon.

 

 

 

 

Côté pratique

 

 

 

Trouvez-vous facilement les vêtements de sport et équipements dont vous avez besoin ?

 

Oui nous les trouvons assez facilement mais c’est assez cher si vous voulez de bonnes chaussures et une bonne raquette. J’ai la chance d’avoir Prince depuis plusieurs années en sponsor raquette, mais je n’ai plus d’équipementier textile pour le moment.

 

Avez-vous un « style » vestimentaire préféré pour faire du squash ?

 

En général nous portons les mêmes tenues que les joueuses de tennis : robe ou débardeur avec jupe.

 

Une motivation sans faille

 

 

Avez-vous un souvenir de compétition qui restera à jamais gravé dans votre mémoire ?

 

J’en ai plusieurs en fait : la première fois que j’ai remporté le British Junior Open chez les moins de 17 ans. C’était l’équivalent d’un championnat du monde, tous les meilleurs y étaient, et j’avais rêvé de ce titre pendant plusieurs années.
Ensuite, ça a été lors de ma médaille de bronze au championnat du monde senior 2010 : j’avais battu la numéro 2 mondiale en quart de finale alors que personne ne m’attendait, j’ai créé la surprise.

Le dernier en date est assez récent : en mai dernier, quand j’ai remporté mon premier titre au British Open, l’équivalent de Wimbledon en tennis. Première victoire sur un Super Serie (un grand chelem en tennis), c’était énorme !

La coupe du British Open

La coupe du British Open

 

Et que diriez-vous aux jeunes filles pour les motiver à se lancer dans le sport de haut niveau ? 

 

Je ne sais pas si je pousserai des jeunes filles à se lancer dans le sport de haut niveau car c’est vraiment propre à chacun, c’est une voie difficile, qui demande des sacrifices. Mais lorsque vous faites de grandes études j’imagine que ce sont aussi des sacrifices. En revanche j’essaierai de dire à ces jeunes filles que le squash est un sport fantastique, ludique, amusant, complet, car il fait travailler tous les muscles du corps. C’est aussi un sport qui nous fait voyager aux 4 coins du globe et nous fait rencontrer des personnes extraordinaires !

 

 

Avez-vous un surnom dans le sport ? 

 

Cam, tout simplement.

3 réflexions au sujet de “La pro des courts vitrés

  1. Anonyme dit :

    Article super sympas :))

  2. DJ dit :

    Ca fait toujours du bien de parler du squash en général (très beau sport) et de Cam en particulier. Merci.

  3. Julien dit :

    Super joueuse que j’ai eu la chance de rencontrer à Shanghai en septembre dernier… Simple, humble et super accessible! Une pro comme on voudrait en voir plus souvent!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.