Le difficile accord entre études et sport

La rentrée scolaire vient de sonner pour des millions d’élèves. Comme chaque année c’est aussi la rentrée pour des sportifs de haut niveau qui tentent de conjuguer études et passion sportive. Maelle Froissart, championne de télémark, nous parle de son expérience. 

Maelle Froissart, tout juste 18 ans, a passé son bac littéraire avec mention bien en juin dernier. Elle était alors scolarisée au lycée d’altitude de Briançon dans les Hautes Alpes. « Ca a été très compliqué car le télémark n’offre pas de statut d’athlète de haut niveau. Je n’avais donc pas d’horaires aménagés pour le lycée. Les sportifs bénéficiant de ce statut peuvent passer le bac en trois ans au lieu de deux. J’ai dû passer mon diplôme en deux ans, sachant que je n’allais pas en cours l’hiver », se souvient la jeune femme. Elle a arrêté le lycée à la mi-décembre l’année dernière pour y revenir ensuite au mois d’avril, après la saison de télémark. L’obtention du bac représente un exploit de taille pour une sportive qui reconnaît n’éprouver aucune passion pour l’école.

 

Maelle Froissart admet néanmoins avoir eu « un lycée compréhensif. Il y avait des profs mécontents de mes absences mais c’est dans le télémark que j’ai envie de faire carrière. Je leur ai fait comprendre qu’ils n’avaient pas le choix », assure-t-elle. Durant ses années de lycée, Maelle Froissart a donc su « jongler » entre les cours, le travail personnel à la maison et le sport. « J’ai étudié de chez moi mais en étant en filière littéraire, ce n’était pas facile d’avoir uniquement les cours écrits en philo ou en français ». Malgré tout, la jeune femme a trouvé sa motivation, « je ne voulais surtout pas redoubler ».

 

La bio de Maelle

- née le 11 juin 1997 à Valence dans la Drôme

- sa famille s’est installée à Vars en 2001, où Maelle a pu découvrir le ski très jeune

- elle découvre le télémark en 2008 et intègre le club Elite Hautes Alpes en 2012

- son meilleur résultat la saison passée : une première place en Coupe du monde senior et une seconde place au classement général de Coupe de France

- elle est actuellement membre de l’équipe de France A

Une carrière dans le sport 

 

Son bac en poche, Maelle Froissart en restera là avec le système scolaire traditionnel. « Je me consacre désormais au ski. Il n’était pas concevable pour moi de faire des études sans l’aménagement des horaires avec le statut de sportif de haut niveau. Je vais donc préparer mon monitorat de ski alpin, ce qui me permettra de m’entraîner pour le télémark ». Un diplôme qu’elle va préparer sur plusieurs années. Trois épreuves techniques l’attendent avant d’entrer dans la formation. S’en suivront une quinzaine de stages à effectuer sur trois ou quatre ans. « Je le ferai en-dehors de l’hiver, quand j’aurais le temps, c’est-à-dire entre le printemps et l’automne. Je serai un peu calée sur le rythme d’une fac finalement ». Le télémark est encore peu ou pas médiatisé en France. Maelle Froissart parle même de « parent pauvre » de la fédération française de ski. « En France la fédération mise tout sur le ski alpin. En télémark nous n’avons pas de moyens mais nous essayons de nous en sortir malgré tout ».

 

Les membres de l’équipe de France sont une quinzaine actuellement. Maelle Froissart et ses co-équipiers financent leurs déplacements. « Il y a les Coupes du monde, les Coupes de France. La saison sportive nous fait nous déplacer quasiment tous les week-ends. Avec les trajets, il faut être dispo au minimum deux jours pour chaque course. Les membres de l’équipe payent de leur poche. Nous finançons nos billets d’avion, la location des bus, le paiement des entraîneurs fédéraux imposés par la fédération alors que nous avons aussi nos propres entraîneurs en club ». Les athlètes doivent payer des sommes importantes, en une fois, pour rembourser les avances faites par la fédération pour la saison. 

 

« Pour ma participation à la dernière coupe du monde, j’ai déboursé environ 7 000 euros », témoigne Maelle Froissart. Les membres de l’équipe divisent les frais selon la participation effective. « Nous sommes quinze, garçons et filles, mais tout le monde n’est pas forcément présent en même temps. Il y a des écoles ou des facs qui ne laissent pas partir les athlètes, faute d’aménagement d’horaires suffisant. Nous essayons quand même de faire une semaine d’entraînement en commun à l’automne avec le coach fédéral ». Maelle Froissart a pris l’habitude de travailler l’été pour poursuivre sa passion. « Je tente d’aider mes parents à financer mon sport. Mais sans l’aide de la famille il est quasiment impossible de continuer ». La jeune skieuse trouve aussi du soutien auprès de sa station à Vars et d’associations locales. 

 

Maelle Froissart reprendra la saison de télémark avec une première étape de Coupe du monde en Autriche du 23 au 25 novembre. 

Le ski alpin, un sport complémentaire

J’ai repris le ski alpin, très complémentaire du télémark. Ce dernier est à la base de toutes les disciplines de glisse. 

Mais qu'est-ce que le télémark ?

Plus d’infos sur le site de la Fédération française de ski : 

 

www.ffs.fr/telemark/les-disciplines-du-telemark

 

 

et la vidéo recommandée par Maelle Froissart :

 

 www.youtube.com/watch?v=3CDNSuwI-eQ

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