Comme une envie de courir !

Women-it s’est rendu dans une salle obscure pour voir « Free to run », un film-documentaire signé Pierre Morath, sportif suisse de haut niveau et historien du sport. 

Le film est sorti ce 13 avril et fait déjà l’unanimité dans la communauté des « coureurs ». Le phénomène « Free to run » est en marche ! Façon de parler ! Le documentaire retrace l’histoire de la course à pied aux Etats-Unis et en Europe avec l’apparition du phénomène « marathon ». Des premiers coureurs de celui de Boston ou New-York, à la masse de passionnés aujourd’hui présents dans les marathons du globe et participant ainsi à un véritable « business ». Les paradoxes ne manquent pas, entre course encadrée dans les stades et envie de liberté dans les rues et les espaces naturels. La course devient dans ce cas une épreuve toute spirituelle. 

 

Pionniers et pionnières

 

Le film s’intéresse notamment au développement du marathon de Boston et surtout New-York, devenu le marathon mondial le plus couru. D’un petit groupe de « fous » des débuts enchaînant les foulées dans le Bronx, le phénomène marathon a dû se faire une place dans la société et conquérir la ville. Les images d’archives et les témoignages des organisateurs du premier marathon new-yorkais donnent le ton. Central Park devient ainsi le coeur de la course en 1970 avant de gagner les autres quartiers de la cité en 1976.

 

 

Le film s’attache aussi à rappeler le combat mené par les femmes pour s’imposer dans un sport à l’origine totalement masculin. Ainsi la courageuse Cathryn Switzer et son dossard 261, se fait littéralement insultée et violemment attrapée en pleine course par les organisateurs du marathon de Boston en 1967.

 

 

Elle sera aidée par son entraîneur qui poussera à son tour l’organisateur pour laisser place à sa protégée. Cathryn Switzer terminera son marathon (en 4h20min) mais sera ensuite radiée par la fédération américaine d’athlétisme pour avoir osé braver l’interdit. Elle ouvrira néanmoins la voie aux femmes sur cette distance et le marathon de Boston les autorisera à concourir cinq ans plus tard. Kathryn Switzer remportera ensuite la première victoire féminine au marathon de New-York en 1974 avec un temps de 3h07min et 29s. Son meilleur temps sur la distance viendra en 1975 à nouveau à Boston avec 2h51min et 37 s. 

 

Kathryn Switzer, malmenée par un organisateur lors du marathon de Boston en 1967.

Kathryn Switzer, malmenée par un organisateur lors du marathon de Boston en 1967.

Une première aux Jeux Olympiques

Longtemps écartées des courses à pied officielles, les femmes ont enfin accédé à la distance reine, le marathon, aux Jeux Olympiques de Los Angeles en 1984. « Free to run » s’arrête un instant sur les images poignantes du finish de l’épreuve. L’Américaine Joan Benoit termine le parcours en 2h24min et 52 s sous l’acclamation générale qui résonne dans le stade olympique. Le podium sera complété par la Norvégienne Grete Waitz et la Portugaise Rosa Mota. La séquence se termine aussi avec l’immense souffrance de Gabriela Andersen-Schiess, cette Suissesse déshydratée à l’extrême lorsqu’elle passera la ligne d’arrivée en 37ème position.

 

« Free to run » régalera à coup sûr les amateurs de course à pied mais aussi les passionnés de sport au sens large. Pas à pas, l’histoire laisse place à une réflexion plus globale sur la philosophie du sport et les combats sociétaux qu’elle engendre. 

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